Sophie, lesbienne, contre le projet de loi Taubira

Ambiance dans les rues de la capitale, de la Porte Dauphine à Montparnasse, à l'occasion de La Manif Pour Tous, où les opposants à la loi Taubira, votée il y a plus d'un an, se mobilisent pour défendre la famille, les valeurs de la République, et s'opposer notamment à la gestion pour autrui (GPA).

Merci à Sophie de nous rejoindre en nous donnant son témoignage.

Être lesbienne et opposée au projet de loi Taubira : une position délicate en cette période où le « politiquement correct » nous rabâche à longueur de journée l’argument de la sacro-sainte EGALITE quand le « communautairement admis » ne nous affuble pas des doux noms de traîtres, d’hétéros refoulés et cerise sur le gâteau, d’homophobes !

Ni homophobe (je ne me suscite aucune crainte à moi-même), ni hétéro refoulée (mon orientation sexuelle s’est imposée à moi), ni traître (je ne me sens appartenir à aucune communauté si ce n’est celle des hommes), je m’oppose à ce projet de loi parce qu’il induit, de part l’inclusion de fait de l’adoption pleinière dans le mariage, une modification profonde de la filiation.

Approuver cette loi, ce serait admettre que demain on puisse dire à un enfant : « Toi, tu as deux papas » ou « Toi, tu as deux mamans ». Que répondre à cet enfant qui demandera « Pourquoi moi, je n’ai pas de papa? » ou « Pourquoi moi, je n’ai pas de maman? »…

Peut-être n’en souffrira-t-il jamais. Peut-être trouvera-t-il cela injuste ou difficile à assumer. Là n’est pas la question car de fait il aura été conçu sous les hospices de l’inégalité !

Qui suis-je pour décider de priver définitivement un enfant d’avoir un papa ? En prenant cette décision, est-ce que je ne prends pas le risque de lui faire porter le poids d’un désir profond, sincère et aimant mais trop lourd à porter pour lui ?

Car à la fin, il faut bien l’avouer : OUI, comme tout un chacun, je rêverai d’avoir un enfant, et même plusieurs (soyons folles!). Mais les recettes pour le fabriquer sans papa ont un goût amer… A l’amer, je préfère l’amour et c’est donc par amour que je ne serai pas mère.

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5 comments on “Sophie, lesbienne, contre le projet de loi Taubira

  1. Elie Guillot dit :

    Merci Sophie. Garde courage, et que ton désir maternel soit comblé, en te donnant autrement. Puisse le chemin d’amour que tu as choisi, mettre toujours en toi un goût de miel et de lait ^^

  2. Sophie Chartrain dit :

    Merci infiniment pour ton témoignage et tout particulièrement pour ta dernière phrase sur ta vision de l’amour maternel, qui m’interpelle et qui est immensément noble. Il est évident que tu le portes en toi. Moi aussi je te souhaite de donner naissance autrement.

  3. Jean-Noël dit :

    J’entends bien les arguments avancés ici, mais je ne peux m’empêcher d’être étonné : voilà des dizaines d’années qu’une personne seule peut adopter, en France, dans l’indifférence générale. Les enfants concernés peuvent pourtant, eux aussi, dire « Pourquoi moi, je n’ai pas de papa? » ou « Pourquoi moi, je n’ai pas de maman? ». En quoi la perspective d’avoir deux papas ou deux mamans serait-elle plus grave, plus handicapante ? Il y a vraiment quelque chose que je ne parviens pas à comprendre.

  4. Georges dit :

    Ce n’était peut-être pas une bonne idée de permettre l’adoption par une personne seule. Bien sûr il y a une résilience chez les humains qui leur permet de surmonter des épreuves ou des manques. Mais parfois cette résilience est mise en défaut et il y a de la souffrance. La législation ne doit pas créer des situations de perte de chance. Elle doit au contraire donner le maximum de chance à l’enfant adopté de se reconstruire un nouveau foyer avec un père et une mère. D’autant qu’il y a de moins en moins de candidats à l’adoption.

  5. Alexis R dit :

    @Jean-Noël
    L’adoption a été ouverte aux célibataires dans un contexte précis d’après guerre ou les orphelins étaient en grand nombre.
    Aujourd’hui il y a beaucoup moins d’enfants à adopter. il serait certainement bon de revenir sur cette loi.
    Cela ne peut donc pas être un argument pour l’adoption par des couples homosexuels.
    De plus ce que la vrai problématique, c’est que cette loi légalise le fait que des femmes lesbiennes puissent faire une pma à l’étranger et ensuite adopte l’enfant né en france. Ici on ne répond plus à un besoin d’un orphelin d’avoir des parents. Mais on créée pour le désir d’adultes une situation qui n’est pas juste pour l’enfant né par pma (et source d’inégalité)
    Cette loi est mécaniquement une porte ouverte à la légalisation de la pma(problème d’inégalité) puis de la gpa (problémes éthiques) en france.

    cdlt

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